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Yves Débonnaire
Après une qualification manquée de peu pour les Championnats d'Europe, Yves Débonnaire répond à nos questions.

Après une qualification manquée de peu en Espagne pour la phase finale du Championnat d´Europe des M17, l’entraîneur Yves Débonnaire a bien voulu répondre à nos questions. Propos recueillis par Daniel Gonzalez.

Yves Débonnaire. (KEYSTONE)

3 matches,  deux victoires et une courte défaite face à l’Espagne, l’équipe hôte et favorite. Proche de la qualification, quels sont tes sentiments à la suite de ces matches ?
Aucun regret parce qu'on n'avance pas avec des regrets. L'équipe a fourni 2 parties et demi d'excellente qualité, signe d'une progression constante. Les joueurs sont, et c'est logique, déçus. Si le championnat d'Europe eût été une chance de plus pour progresser, l'évolution du groupe reste une grosse satisfaction, au-delà du résultat pur. Même si on était parti pour gagner, comme d'habitude, mais avec des principes clairs...

On sent un travail énorme depuis quelques années au sein des équipes nationales espoirs, que peux-tu dire à ce sujet ? Que pourrait-on encore améliorer ?
Le projet mis en place dans les années 1995-1996 a permis une formation plus pointue des joueurs talentueux. Aujourd'hui, plusieurs pays se sont mis au travail, parfois avec des moyens supérieurs aux nôtres. Pour que l’amélioration reste constante, il faut que tout le monde soit conscient de l'importance d'une formation de qualité, et s'en donne les moyens. La bonne santé de nos clubs est un des éléments essentiels. Quant à nous, une individualisation encore plus poussée des meilleurs joueurs doit nous permettre de rendre l'équipe A encore plus forte. Il faut réfléchir si des moyens pouvaient être trouvés pour, par exemple, créer un centre national du football Suisse, avec, pourquoi pas, les joueurs des équipes nationales M16 et M17, ou M17 et M18, comme stagiaires permanents dans ces centres, à l'image des centres de préformation.

Les joueurs des équipes nationales espoirs ont souvent des origines ethniques différentes. Quels sont les avantages et les désavantages de ce « phénomène » quasiment unique ?
L'avantage principal réside dans un mélange de cultures qui, incontestablement, enrichit le bagage de chaque joueur. Que ce soit sur le plan purement sportif ou, plus globalement, sur le plan social. Le gros désavantage est très clairement le problème créé par la FIFA avec la notion de choix du pays jusqu'à 21 ans. Cela prétérite grandement les pays qui s'investissent dans la formation. On peut comprendre la volonté de mettre un frein à des abus sur les jeunes joueurs (agents en tous genres) mais l'âge est mal choisi. Au minimum, une indemnité conséquente de formation protégerait ceux qui ont fait le choix de travailler avec les jeunes, et non pas d'attendre pour hériter du "produit fini".

Bientôt tes joueurs vont passer en M18, de ton côté avec quelle équipe va tu continuer ? Y a-t-il un système précis pour les entraîneurs afin de savoir quelle équipe ils vont entraîner ?
Tous les joueurs vont passer en M18. Ce sera une nouvelle étape dans leur apprentissage du haut niveau. Pour ma part, je recommencerai avec une nouvelle volée de joueur, la volée 1993 que j'accompagnerai en principe des M15 jusqu'aux M17. En ce qui concerne le système, ce serait restrictif par rapport aux talents de la volée en question. Nous avons des principes (zone agressive, pressing, jeu vers l'avant, etc.) et le système doit simplement permettre aux jeunes joueurs d'être à l'aise afin d'appliquer nos principes de jeu.

Cela fait maintenant quelques années que tu entraînes les équipes nationales espoirs. Entraîner un club de Super League ou à l’étranger fait-il partie de tes projets d’avenir ?
Dans la vie, on ne peut jamais jurer de rien. Aujourd'hui, dans ma tête et dans mon corps, je suis un formateur. J'aime le travail avec les jeunes, j'aime rechercher des nouvelles solutions, j'aime le regard brillant des jeunes de 15 ans, lorsqu'ils arrivent dans les présélections et sélections nationales. J'aime voir la progression harmonieuse sans que la moindre défaite soit une totale remise en question. J'aime ce travail de patience basé sur un moyen terme et voir arriver au sommet des joueurs qui ont fait un passage des M15 au M21. Mais peut-être une fois la montée d'adrénaline que provoque la préparation hebdomadaire d'un match de championnat me manquera-t-elle...ou peut-être un poste de responsable technique? Qui sait? Mais je n'aime pas trop planifier demain. Aujourd'hui, c'est la formation, et ce n'est que du bonheur!

Á part l’âge des joueurs, quelle est pour toi la grosse différence entre entraîner une équipe nationale espoir et un club de Super League ?
Ce n'est pas la même pression. Et pour le reste, je citerai Luis Menotti, grand entraîneur argentin:"S'occuper des jeunes, c'est un métier différent. C'est une responsabilité différente, une langue différente, une douleur différente si l'on doit écarter un joueur. Avec un jeune, l'entraîneur doit adopter une attitude paternaliste. S'il est capable de le captiver, l'émulation devient très grande".                               

Une dernière question, tout comme la France en 1998 ou l’Allemagne en 2006, notre équipe nationale  traverse une phase mouvementée avant son EURO en 2008. Comment vois-tu la « Nati » en ce moment et comment te l’imagines-tu en juin 2008 ?
Le but est d'être là au début de l'EURO 2008. Köbi Kuhn et son staff nous ont amenés au Portugal et en Allemagne. Alors... confiance!

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